La petite citation...

  « Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis,

s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi,

s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon,

s'il doit apprendre à dire « oui », lui aussi,

alors je n'aime plus Hémon ! »me Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon!


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Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon!


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Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon!


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Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon!


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http://www.oodoc.com/78872-antigone-anouilh-opposition-creon-dialogue.phpOui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon!

Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon!


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Antigone à Créon,

dans Antigone,

de Jean Anouilh.

Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon!


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Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit pas pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon!


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Have fun !

Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 22:20

 

 

Comment faut-il s'exprimer, ici,

Pour faire comprendre de quoi il s'agit ?

Pour faire comprendre ce que tu ressens quand tu vois

L'ami qui passe à côté de toi,

Sans même t'accorder son regard ?

 

Est-il si normal de passer des années à aimer quelqu'un,

Pour qu'il décide un beau matin

Que plus rien n'a d'importance, et,

Qu'il envoie valser ces gens sans même être peiné ?

Au regard de ces longs mois à s'adorer,

Au regard des ces années à s'aider,

Ne pourrions-nous pas cesser d'oublier ?

 

Déceptions.

 

Faut-il vraiment laver tous les souvenirs,

Arracher des albums photos tous les sourires,

Renier ces amis parce qu'on est éloignés,

Oublier enfin l'amitié ?

Faut-il vraiment ?

 

Est-ce la nature de l'être humain,

D'oublier du jour au lendemain ?

Ou suis-je encore tellement naïve,

Pour croire qu'un jour...

 

Soupir.

 

Qu'il est triste de devoir se dire que...

Celui qui passe devant toi, cet inconnu,

A un jour été quelqu'un,

Mais qu'il n'est plus rien

Qu'un passant dans une rue.

 

Amitiés.

 


Par Gabonia - Publié dans : Poésie - Communauté : psy poèmes
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 22:10

 

 

               Tu as plongé tes pieds dans l'eau douce de la rivière, qui lentement s'écoule depuis tant d'années dans cette prairie, au coeur de rien, au coeur de tout, d'un petit bois méconnu de tous. Tu as levé la tête vers le ciel, et sourit. Tes joues ont pris une couleur légèrement rosée car le soleil brillait sur ta peau; tes cheveux longs coulaient dans ton cou comme l'eau dans le lit de la rivière, et cette image avait un léger parfum de bonheur.

                Tout, autour de nous, sentait bon l'été, les fleurs, et l'herbe sauvage qui poussait sans qu'on la coupe. Le soleil dorait nos épaules, l'eau scintillait, et les arbres semblaient fondre sur nous, voulant nous servir, sans doute, d'ombrelle improvisée; la lumière n'en était que plus belle. Cette dernière traversait le voile végétal, et se répandait par tâches sur les herbes folles. Dans un de ces arbres protecteurs chantait un oiseau qui reprenait toujours le même refrain, comme s'il voulait nous convaincre de sa qualité. Je fermais les yeux, parfois, pour l'écouter plus attentivement, et me laisser bercer par ce chant insolite. Je me suis laissée aller au son de cette berceuse rythmée par l'écoulement de la rivière et le vent dans les arbres, dont le soliste était ce tout petit oiseau, dans cet arbre, tout là-haut, et je me suis mise à chanter, moi aussi. J'ai chanté avec l'oiseau, parce que ce chant était presque tout ce qu'il y avait de plus beau dans cette petite prairie. Et là, tu as dit « Viens, fais comme moi, plonge tes pieds dans l'eau, tu verras comme c'est bon. ».

                Alors je me suis assise à côté de toi, mes pieds pénétrant dans l'eau fraîche, tout en continuant à chanter, encore, avec ce petit oiseau que je ne voyais pas. Tu me regardais, à présent, avec ce sourire heureux, avec ces yeux d'un brun étincelant qui me plaisaient tant, à l'époque. Tu as commencé à bouger au son de notre chanson, m'entraînant avec toi. C'est à ce moment, rappelle-toi, que j'ai posé, sur ton épaule, ma tête pour la première fois. J'avais fermé les yeux, rougissante, alors que tu continuais à te balancer, et que l'oiseau s'était tu. Le silence nous entourait. Il n'y avait plus aucun oiseau qui chantait, et seuls les bruits de l'eau qui s'écoulait et du vent doux qui soufflait brisaient le silence que l'oiseau, mon ami, nous avait imposé. Je respirais calmement, et lentement. Je savourais ce parfum doux d'une nature à son apogée, je savourais l'odeur de ton cou, et de tes cheveux. Mes yeux clos auraient voulu s'ouvrir dans un monde de bonheur éternel, car c'était ce parfum que je respirais. Celui du bonheur pur et éternel. Celui que l'on respire lorsqu'on est vainqueur. Celui que l'on respire quand on a conquis le « monde entier ».

                Seulement, lorsque j'ai ouvert les yeux à nouveau, lorsque le petit oiseau a chanté à nouveau, nous étions toujours dans la même petite prairie confidentielle, perdus dans une nature sauvage et rebelle, les pieds nus dans une eau claire. Ce parfum, cependant, restait. Il était partout autour de moi, ou peut-être était-il autour de toi. C'est à ce moment-là, rappelle-toi, que tu as posé tes lèvres sur les miennes pour la première fois. Avec ce sourire d'homme heureux, et cette douceur d'homme amoureux qui m'embrassait, tu avais posé tes mains sur mes joues roses. Mon petit coeur fragile et sensible battait à tout rompre, et peut-être aurait-il pu rompre à tout moment, peut-être aurait-il pu briser mes côtes et fuir au loin, tellement l'intensité de ses battements était puissante. Lorsque tu m'as relâchée, j'ai posé de nouveau ma tête sur ton épaule.

                Qui sait combien de temps nous sommes restés ainsi, à l'époque ?

 

                Il flotte dans l'air un doux parfum de fleurs à peine écloses, une petite odeur de menthe, et par dessus tout, il y a ce parfum délicieux d'été avant l'heure, et de bonheur. Aujourd'hui, dans cette petite prairie, un petit oiseau chante le même chant gracieux et adorable. Je le chante également, avec lui, comme au premier jour. Le soleil brille toujours autant, et les arbres protègent encore les peaux délicates, l'herbe est ainsi toujours tâchée de lumière. La petite rivière coule toujours au même endroit, et je n'ai pas encore osé y plonger mes pieds. D'un vert éclatant, l'herbe sauvage grimpe jusqu'à mes genoux. Je ferme les yeux et soupire. C'est bon d'être ici à nouveau. Je me suis approchée, hésitante, du bord de la petite rivière, et l'oiseau a cessé de chanter. Lorsqu'enfin, je me suis décidée à mettre mes pieds dans l'eau, j'ai remarqué qu'en ton absence, cet endroit n'avait plus la même odeur.

                Alors j'ai rassemblé mes affaires, et j'ai quitté notre petite prairie secrète, sans me retourner. Ce parfum de nostalgie, pourtant, me suit encore.

Par Gabonia - Publié dans : Textes - Communauté : écrire c'est hurler en silence
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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 17:45

 

 

          On en finira jamais de rêver.

 

           J'ai plongé ma tête sous l'eau brûlante, de manière à ce que je puisse encore respirer. J'avais mis de la musique dans la salle de bains, la musique que j'aime. Même sous l'eau, j'entendais cette musique. J'ai toujours aimé la musique, car elle donne des ailes, de la légèreté. L'eau avait beau m'entourer, boucher mes oreilles, me brûler... La musique me permettait de ne pas y penser. De ne penser à presque rien. J'étais bien.

           Sous l'eau, j'entends battre mon coeur. Ca avait quelque chose de rassurant. J'aurais pu rester ainsi toute ma vie, à écouter ce coeur qui était le mien, battre dans un corps qui était le mien. J'étais vivante. Je vivais. Parfois, j'arrête de respirer, et j'écoute mon pauvre petit coeur s'affoler. Je pourrais mourir. Je pourrais mourir aujourd'hui, dans ce bain, dans cette baignoire, dans cette maison, dans ce village. Mais je respire à nouveau, et mon coeur soulagé reprend un rythme normal, et je l'écoute battre doucement, et je me dis qu'il n'y a rien de plus beau que le bruit d'un coeur qui bat encore.

           Je sors ma tête de l'eau et respire. Suis-je sotte ? L'eau chaude m'aide à penser. J'ai le temps, lorsque je suis dans l'eau bouillante du bain, de réfléchir. Qu'ai-je dans la tête ? Il est dommage de ne pas pouvoir écouter son cerveau comme on peut écouter son coeur. Je pense à tous ceux que j'ai connu, et à qui je ne parle plus. Seraient-ils tristes de me savoir morte ? Et ceux qui m'aiment un peu aujourd'hui, m'aimeront-ils plus demain ? Seraient-ils tristes de ne plus me voir, m'entendre piailler, et m'entendre rire ? Je me demande à qui je manquerai le plus. Suis-je sotte ? Pourquoi penser à ma mort ? Je ne vais pas mourir tout de suite... Je pourrais : il y a des ciseaux dans la pièce à côté, une ampoule au dessus de moi, des dizaines de médicaments dans le placard. Qu'ai-je dans la tête ? Je ne veux pas mourir aujourd'hui, même si je pourrais. Je plonge à nouveau ma tête sous l'eau.

           Mon coeur bat encore. Je suis vivante. Mon coeur bat. Je l'entends et je me rappelle de tous ceux qui m'ont plu, de tous ceux que j'ai aimé et de qui j'ai été aimée un peu, ou détestée. Je me rappelle de ces journées au soleil, ces journées passées dans l'herbe. Aujourd'hui, même si leurs coeurs battent toujours, j'ai l'impression que mes amis sont morts. Je suis vivante. Ai-je tellement changé ? Ne suis-je pas toujours la même ? Mon coeur bat encore. J'ai oublié le prénom d'une amie. Je n'ai pas oublié le prénom des gens qui m'ont déchirée. Etait-ce leur faute ? Etait-ce SA faute ? Mon coeur bat, je l'entends. Je l'entends. Je le sens, mon coeur bat et résonne dans tout mon corps. Pourquoi ne peut-on pas écouter notre cerveau, sous l'eau, comme on écoute notre coeur ? Etait-ce sa faute ?

           Bien sûr. C'est une traîtresse. BIEN SUR ! Personne n'en sait rien. Elle a joué avec moi comme on joue avec l'eau, avec le sable, avec des cartes et des pions. Elle a joué. J'ai perdu. Quel est son secret ? Je sors ma tête de l'eau, à nouveau, et je regarde le vide. La lumière est faible. Une ampoule a grillé au dessus de moi. Etait-ce sa faute ? A quoi ressemble t-elle ? A quoi ressemblent les traîtresses ? Est-elle vraiment une traîtresse ? Etait-ce sa faute ? Ou était-ce la mienne ? Ou peut-être...

           C'est agaçant. Agaçant de se rappeler de tout. Agaçant. Agaçant, et qu'est-ce que je suis agacée ! Pourquoi faut-il que je m'en inquiète encore ? C'est fini ! Tout est fini ! Si quelqu'un m'aime aujourd'hui, il ne peut pas l'aimer, elle. Il ne peut pas, n'est-ce pas ?

            Peut-il ?

           C'est fini ! N'y pense plus, me dis-je. Je me gronde, je me fâche. Tu t'emportes trop facilement ! C'est fini maintenant, pourquoi tu repenses encore à tout ça ? De quoi tu as peur ? De qui ? Arrête ça ! Tu... Tu t'emportes trop souvent pour ce genre de choses ! Sens l'eau te brûler les jambes, les cuisses, le coeur, les yeux... Tu sens comme ça fait mal ? Ecoute donc la musique ! N'est-elle pas délicieuse ? Et écoute ton coeur ! Ecoute-le ! Tu es vivante. ECOUTE ! Sois fière. Tu es vivante. Ton coeur bat. Bats avec lui.

           Suis-je sotte ? Plus j'y pense, moins je sais. Pourquoi ai-je fait ça ? Comment puis-je encore aimer de la sorte ? Avec cette frénésie douteuse et cette douceur inavouée, cachée, réservée, avec ces yeux bleus, avec cette envie de faire mieux ? Avec ces violons dans la tête, et ces diners aux chandelles, ces robes de princesse et ces cheveux bouclés, avec cette même passion, cette délicatesse, cette même volonté ? Comment puis-je encore penser que tout ira bien ? Rien n'ira bien. Je le sais. Comment puis-je encore douter ? Comment puis-je rêver ? Le rêve, est-ce bien raisonnable ? Plus j'y pense, moins je sais. Pourquoi est-ce que je rêve ainsi ? Pourtant je sais que rêver n'est bon pour personne. Ne rêve plus, sotte ! Ne rêve jamais ! Jamais ! JAMAIS !

           Ne te fâche pas... On en finira jamais de rêver...

 

           Mon coeur bat. Je suis vivante. Je pourrais mourir.

           Mais pas aujourd'hui. Je m'appuie sur le rebord de la baignoire et pose un pied sur le doux tapis violet qu'il y a sur le sol. Je prends la serviette, l'enroule autour de mon corps.

           Non, pas aujourd'hui. Aujourd'hui, je rêve encore.

 

Par Gabonia - Publié dans : Textes - Communauté : écrire c'est hurler en silence
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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 22:50

 

 

Le noir de mon salon me paraît vastement noir

C'est obscur clair et immense

C'est vide aussi je n'arrive pas à le croire

Tout se contredit toujours mon univers entre en transe

En transe

 

Oui parce que j'ai peur sans toi

Là maintenant oui tu me manques

Parce que j'ai toujours peur oui pour toi

Et parce que j'ai besoin de toi oui

 

Le jaune du poussin qui traverse ma rue

Me semble moins jaune que le soleil ou la lune

Un beau matin d'été mais qui aurait cru

Qu'était jaune la lune ?

La lune

 

Et je te dis que mon coeur hurle quand t'es pas là

Ca brûle ça pique ça grince

Quand t'es parti et que je seule me trouve chez moi

Que les portes gémissent et aussi mon parquet grince

 

Me semble moins précieux l'ivoire comme l'or ou les diamants

Les soirs où tu es un absent heureux

Beaucoup moins précieux l'amant également

Lorsqu'on le compare à l'amoureux

L'amoureux

 

Ne traverse plus les routes les rues ne sors plus

T'es beaucoup trop bon pour partir trop tôt

Ne boit plus ne fume pas ne mange plus

Ne risque rien ne sois pas sot

 

En transe moi ces nuits où je sais un coeur tu me donnerais

La grande lune aussi tu le pourrais

En bon amoureux que tu es

Ou que tu serais

Serais

Par Gabonia - Publié dans : Poésie - Communauté : écrire c'est hurler en silence
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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 22:16

 

 

          Des battements de coeur.

          Ca résonne. J'ai peur. Tout autour de moi est noir, sombre. De tous les côtés, des morts s'agrippent à moi, et me prennent dans leurs bras.

          Je m'enfuis. Je cours. Je vole. Je fuis. Les battements de coeur.

          Autour de moi, dans le noir, une masse inconnue se mouve en silence. Est-ce quelqu'un, est-ce un animal ? Est-ce une âme perdue de plus ? Qu'en sais-je ? Je suis seule, voilà tout. Partout la lune éclaire l'horizon absent, elle brille de milles feux, blanche comme l'ivoire que l'on vole aux éléphants, blanche comme les dents des loups. Un cri retentit dans la nuit. C'est un cri de loup, un cri puissant, qui emplit tout l'espace, et inonde mon corps faibli par l'amertume. Qu'est-ce donc ? Pourquoi cries-tu, Loup ?

           Au loin je vois un homme. Il est beau, pâle, lunaire. Je l'aime, et je le sais déjà, car il est si facile de s'y attacher. Il a un sourire de voyou, mais ses yeux sont sincères, et sous une carapace de rapace assoiffé de sang, je vois une drôle sensiblerie, presque honteuse, cachée. Qui est-il ? Pourquoi attend t-il, là-bas ? Il ne bouge pas, peut-être est-il déjà mort. Plus je me rapproche de lui, plus je le connais. Je sais qui il est. Je connais ses réactions. Où est le rapace du premier jour ? Où est la sensiblerie ? Il n'y a rien de plus illusoire. Je sais qui il est. Je sais.

           D'où vient ce bruit ?

           Des battements de coeur. J'ai peur. L'homme est à quelques pas. Son visage, je ne le vois pas, mais je sais que ses yeux sont d'un brun profond et chaud. Je sais qu'il sourit, et qu'il tend vers moi des lèvres douces et aimantes. Nos visages ne sont qu'à quelques centimètres seulement l'un de l'autre, je sentais son souffle, et le mien était coupé. D'où vient ce bruit ? Des battements de coeur. L'homme, c'est toi. Tu es là ! Mais d'où vient ce bruit ? Nos coeurs à l'unisson, notre ignorance coulant dans nos veines, l'indifférence irradiant nos corps. Tu te rapproches de moi. Je te connais. Tu te rapproches encore, et je ne fais rien, parce que je me connais.

           Nos battements de coeur.

           Tu poses tes lèvres sur les miennes. Un ultime baiser. Un éternel soupir. D'où vient ce bruit ? D'où vient-il ? Mon coeur bat si fort qu'il pourrait exploser. Je voudrais rester ainsi des heures durant. J'entend ton souffle, je sens tes mains qui ne savent pas où se poser. Je sens mes joues rosir de plaisir. D'où vient ce bruit ? Le loup ne hurle plus. Cela fait bien longtemps qu'il a cessé de hurler. Mais d'où vient ce bruit ? Tes lèvres me brûlent, elles me chatouillent, me piquent. Elles ont le goût sucré des cerises noires qui poussent dans mon jardin, et celui des bons caramels, des glaces à l'italienne , des douceurs orientales et autre gâteries originales. Je voudrais rester ainsi, mais d'où vient ce bruit ? J'ai peur. Tu as posé une de tes mains sur mon épaule, l'autre sur ma joue, et tu me tiens. Je resterai là. Promis. Mais d'où vient ce bruit ? D'où vient ce bruit ? J'entends ton coeur battre aussi vite que le mien. D'où vient ce bruit ?

           Tu me lâches, et une larme coule sur ta joue, tu t'éloignes à une vitesse vertigineuse, et le loup hurle. D'où vient ce bruit ? Je sais que tes yeux brillent, là-bas, dans le noir, je les vois, je les veux. D'où vient ce bruit ? D'où vient ce bruit ? D'où vient ce bruit ? Je crie. Personne ne m'entend. Es-tu déjà loin ? Je te connais. Ne m'abandonne jamais. Tu me connais. Le loup est mort. D'où vient ce bruit ? Est-ce celui des chasseurs ? Des battements de coeur. D'où vient ce bruit ? Tu me manques. Ce sentiment me brûle la poitrine. Je ne veux plus. Je ne veux pas. Sois là.

           Des battements de coeur.

                          Sur mon poignet, ta lettre est gravée. Une forme maîtrisée et sur un modèle ancien.

                    Des battements de coeur.

  Où es-tu allé ?

                          Des battements de coeur. D'où vient ce bruit ?

                                                                    Il est minuit.

 

Par Gabonia - Publié dans : Textes
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